« L’apprentissage : victime de la dissonance cognitive gouvernementale ? »- Le Synofdes réagit

1 juin 2026

Face à l’annonce de la réduction brutale des dotations des Régions affectées à l’apprentissage pour l’année en cours, David Cluzeau, Délégué Général du Synofdes, réagit au nom du Syndicat :

 

« Cherchez l’erreur. Ou plutôt, ne cherchez pas.

Cela tient en deux mots : dissonance cognitive.

C’est-à-dire, le sentiment d’inconfort dû à la perception d’une contradiction entre ses attitudes et ses croyances ou son comportement.

En avril 2026, Sabrina Roubache, Ministre déléguée, chargée de l’Enseignement, et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, déclarait à Groupe AEF info : « L’apprentissage est l’une des grandes réussites du président de la République () Il faut continuer à soutenir le recours à l’apprentissage ».

En avril 2026, toujours, apparaissait un projet de décret. Son objectif? Diminuer de 500 à 200 euros le plafond maximal de prise en charge des frais de premier équipement pédagogique des apprentis. Avant, que le gouvernement, dans un moment de clairvoyance, ne fasse finalement le choix de retirer ce texte.

En mai 2026, Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail et des Solidarités s’exprimait dans Ouest-France pour présenter le « Plan emploi futur » dont la priorité est d’améliorer le taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans. Dans ce plan, l’apprentissage est présenté comme une « modalité susceptible d’améliorer l’employabilité des jeunes ».

En mai 2026, toujours, les Régions apprennent de façon brutale que la réduction pour l’année en cours des dotations affectées à l’apprentissage atteindra 88% par rapport à l’année 2025 au lieu des 50% initialement prévus.

Ce que ça veut dire : le gouvernement fait passer les enveloppes des Régions de 268 millions d’euros à 33 millions d’euros dès 2026, et acte donc, la fermeture de nombreux CFA sur tout le territoire. Les apprentis seront les premiers à en payer le prix.

Depuis plusieurs mois, le Synofdes alerte sur les conséquences dramatiques des arbitrages effectués à l’aveugle, sans prendre la peine d’en évaluer réellement les impacts. Le « choix du décrochage massif » que nous avons dénoncé en mars, semble plus réel que jamais. Nous continuons d’alerter sur la situation des organismes de formation : 56% ont déjà été contraints de réduire ou suspendre certaines de leurs activités entre 2024 et 2025, 48% ont déjà dû procéder à une réduction de la masse salariale en 2025 (baromètre 2025-2026 du Synofdes).

Alors, oui, l’apprentissage, et la formation professionnelle méritent beaucoup mieux que ça. Surtout, les jeunes de ce pays méritent de la clarté sur les décisions effectuées et sur l’avenir que nous leur proposons.
Nous sommes toujours à la disposition du gouvernement pour en discuter et nous espérons que des solutions alternatives seront trouvées rapidement. »

 

 


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