Le CESE invite à repenser l’approche des compétences : l’analyse du Synofdes

Le CESE invite à repenser l’approche des compétences : l’analyse du Synofdes

8 avril 2026

Le Conseil économique social et environnemental a adopté mardi 24 mars dernier, l’étude « Changements systémiques et ruptures : repenser notre approche des compétences ». L’étude dresse un panorama large des transformations à l’œuvre et de leurs implications sur notre approche des compétences.

Philippe Genin, président du Synofdes et David Cluzeau, délégué général avaient été auditionnés par la Commission Travail et Emploi, le 21 janvier 2026, dans le cadre de ses travaux. Nous saluons l’implication de la société civile sur ce sujet et la volonté des rapporteurs Eric Chevée et Thierry Cadart d’ouvrir ce débat stratégique.

– L’étude relie les compétences à des enjeux majeurs : souveraineté, cohésion sociale, transitions écologique et numérique, transformations du travail. La formation est un investissement stratégique de long terme pour toute la société.

– Nous partageons également la nécessité de repenser les apprentissages, les compétences à l’aune des transitions en cours, et l’importance donnée aux capacités transverses.

Nous appelons néanmoins à la vigilance sur plusieurs points :

– Une approche centrée sur “l’obsolescence” des compétences qui gagnerait à être davantage expliquée. Si certaines compétences techniques évoluent très rapidement, généraliser cette logique à l’ensemble des savoirs, sans les distinguer plus précisément, peut fragiliser à terme l’idée même du besoin d’investissement dans ces compétences.

– Le rôle structurant des organismes de formation, pourtant essentiels dans l’accompagnement des transitions, n’est pas suffisamment visibilisé par l’étude.

– Une occasion manquée d’évoquer l’accompagnement des publics les plus vulnérables, les enjeux d’illetrisme et d’illectronisme, ainsi que l’utilité du bilan de compétences pour la sécurisation des parcours.

Pour le Synofdes, si notre approche des compétences doit toujours être au service de l’anticipation et de l’accompagnement des transitions, cela nécessite:

– une politique ambitieuse pour les compétences de toutes et tous

– ne pouvant se construire sans les organismes de formation

A l’heure où l’engagement de l’Etat faiblit, entrainant dans son sillon les régions, nombreuses à devoir renoncer à des dispositifs suite à la baisse des moyens du PRIC, notre capacité collective à anticiper les transitions est mise à rude épreuve.

Le débat est ouvert. Le Synofdes y prendra toute sa part.


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